Yaoundé 2 : Les coupes d’une zone industrielle textile en construction

Sans ciseaux, il a ouvert les Journées Portes Ouvertes du « renouveau industriel textile camerounais ». Ambition noble du maire de la commune de Yaoundé 2 de la capitale politique du Cameroun. Yannick Ayissi assure que l’acte est déjà signé. Avec pour mention « une zone industrielle textile made in Cameroon » dans cette collectivité territoriale décentralisée. Le site à lui seul traduit la volonté de rompre avec un décor pas toujours attractif de sa commune.

Il s’agit de la vallée entre le marché Mokolo, l’un des marchés les plus importants du pays et la Briqueterie désormais en net boom démographique avec des conséquences sur la vie sociale. Il est donc question de faire autrement en tirant avantage de ce qui s’y fait désormais : le commerce des produits dérivés du coton.

Actes fondateurs

Yannick Ayissi veut tout de même apporter sa touche en posant l’équation des produits majoritairement issus de la graine de coton à la fibre pour aboutir au fil. Pour y parvenir, le chef de l’exécutif communal a dévoilé l’état des lieux. « Les études architecturales sont bouclées. Les études techniques aussi. Sans oublier l’empreinte environnementale », informe Yannick Ayissi ce 29 Novembre 2022 devant la population de cette zone serpentée par un cours d’eau.

Il prend cet engagement pour signifier que tout ce travail préalable vital pour le démarrage du projet a été supporté par les caisses de la municipalité. Le moment d’information publique n’est pas anodin. Dans l’auditoire, se trouvent des acteurs économiques privés comme publics susceptibles de suivre le fil tendu par le maire de Yaoundé 2.

Yannick Ayissi, maire de la commune de Yaoundé 2, lors des Journées Portes Ouvertes CAMTEX LAB sur financement de la GIZ. 29 Novembre 2022

Transfert de technologie de pointe

Parmi les acteurs, CAMTEX LAB, le laboratoire de fabrication. Supporté par la GIZ, l’agence de coopération au développement économique de l’Allemagne dans le monde, CAMTEX LAB s’est ouvert au grand public et aux acteurs de la filière coton. Elle a d’ailleurs affiché son ambition : « positionner le Cameroun dans la bataille de la consommation des produits locaux », explique une source introduite.

Pour y parvenir, CAMTEX LAB a engagé et obtenu une offre avec un spécialiste de la filature en Inde. Des équipements seront mis à disposition en leasing sur une période de 12 ans. Il s’agit d’un acquis qui représente 85% de l’investissement nécessaire pour atteindre à long terme, le niveau de 16 000 tonnes de coton transformé au Cameroun.

Marché de pagne de la Briqueterie à Yaoundé, comptoir des produits importés. 29 Novembre 2022

Une filière extravertie

Une telle ambition est une bouffée d’oxygène pour l’économie camerounaise notamment sa filière textile. En sillonnant la ville de Yaoundé, la caravane CAMTEX LAB a eu la démonstration de la forte dépendance du Cameroun à l’étranger dans ce segment. En ne transformant que 2% de sa production nationale de coton estimée à 329 021 tonnes sur la saison 2021-2022, le Cameroun s’est ouvert aux importations à outrance.

Les produits viennent de Suisse, de Hollande, d’Asie essentiellement, expliquent des vendeurs rencontrés dans les méandres de la Briqueterie à Yaoundé. Les prix souvent sont pour la classe moyenne pour ne pas dire élitiste lorsque qu’ils oscillent entre 40 000 FCFA et 500 000 FCFA l’unité dans une boutique tenue par une femme au langage et externalités raffinés qui garde le voile sur son visage.

Garantie de Afriland First Bank

Le pagne n’est qu’un produit dérivé. Que dire des bâches pour cérémonies, de papiers hygiéniques, couches et serviettes pour ne citer que ceux-là. Dans une approche projet textile « local-to-local », CAMTEX LAB a obtenu la garantie financière de Afriland First Bank pour un apport financier à des taux bonifiés au besoin. La finalité étant, susciter l’implication de nouveaux acteurs dans le cadre de l’incubateur, et la mise à niveau des anciens acteurs dans la filière dans le cadre de l’accélérateur, les deux bras qu’ouvre CAMTEX LAB par un appel à projet ouvert jusqu’au 19 janvier 2023. Une aubaine dans un environnement économique où « sur les 20 dernières années, aucun investissement majeur n’a été injecté dans la filière textile au Cameroun », renseigne l’équipe de CAMTEX LAB.

Pierre NKA  

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